Investir dans les oliviers peut offrir un rendement de 9%. Totalement utopique? C’est pourtant ce que promet la société Oliveda Switzerland.
Pour réaliser cette plus-value extraordinaire, l’investisseur doit acheter dix arbres en Andalousie à la société Oliveda Switzerland pour la modique somme de 7800 euros (9500 fr. au cours du jour). Arbres qu’il louera ensuite à ladite société pendant une période de dix ans et à un prix fixé dans le contrat.
En contrepartie, l’entreprise lui garantit un rendement annuel de 9%. Oliveda reste par contre propriétaire du sol sur lequel sont plantés les arbres. A l’expiration du contrat de location, la société rachètera l’oliveraie à l’investisseur à un prix fixé dès le départ (contrat à terme).
Gare aux mauvaises surprises
Selon Oliveda Switzerland, le bois d’olivier appartient à la catégorie des bois dits précieux. Toujours selon cette même société, le m3 se négocierait jusqu’à 5000 euros (6111 fr.). Investir dans ce secteur serait donc rentable et sans danger.
Pas tout à fait! Le rendement très élevé annoncé par les entreprises qui proposent de placer une partie de son bas de laine dans les bois précieux est en effet à la hauteur des risques supportés par les clients. Par conséquent, ce type de placement est déconseillé aux investisseurs présentant un profil de risques modéré.
Les arbres ne sont pas non plus à l’abri d’une maladie ou de dégâts causés par la grêle, une tempête, une sécheresse ou encore un incendie. Ce qui pourrait réduire à néant les plus-values tant espérées. On ne peut pas non plus exclure que le cours du bois chute. Ces risques, l’entreprise Oliveda Switzerland, qui n’en est pas une contradiction près, les reconnaît d’ailleurs en toutes petites lettres sur son site internet. Comprenez, l’investissement est sans danger, mais il comporte des risques!
L’investisseur n’est pas non plus immunisé contre le risque de change, les prix étant négociés en euros. Il n’est en effet pas exclu que la monnaie se déprécie face au franc. La perte sera alors à la hauteur de la dévaluation de la monnaie. Mieux vaut donc y réfléchir à deux fois avant de se lancer.
Bernard Bircher Suits / Chantal Guyon