Pour la 5e année consécutive, un comparatif du prix des médicaments entre la Suisse et l’étranger a été réalisé par santésuisse et les associations des entreprises pharmaceutiques Interpharma et vips. Ses résultats sont contrastés: si le prix de fabrique des produits originaux brevetés diffère peu, tel n’est pas le cas pour les médicaments génériques, qui sont 46% plus chers dans notre pays.
Les prix suisses ont été comparés avec ceux d’Allemagne, d’Autriche, du Danemark, de France, de Grande-Bretagne est des Pays-Bas. Le panel était composé de 200 spécialités protégées par un brevet, et 200 substances actives tombées dans le domaine public et pouvant donc être commercialisées sous forme de médicament générique.
Pour les spécialités, la différence de prix est en baisse depuis cinq ans. Elle se montait encore à 19% en 2011, 12% en 2012, et n’est plus que de 5% en 2013.
Mais les génériques ne suivent pas la même évolution: la différence de prix flirte avec les 50% depuis plusieurs années et ne diminue presque pas.
Santésuisse, qui défend les intérêts des assureurs maladie, réclame de nouvelles solutions afin que les prix baissent. Elle propose, notamment, la mise en place d’un système d’appel d’offres lancé aux entreprises pharmaceutiques pour chaque type de substance active.
Aligner les prix sur nos voisins européens
Peter Huber, directeur de l’association faîtière des fabricants de génériques Intergenerika, conteste vertement les résultats du comparatif: «Il n’est pas admissible et déloyal. On compare le prix des substances actives et non le produit final. En Suisse, le patient bénéficie d’une diversité de choix nettement supérieure, qui s’adapte mieux aux besoins individuels. Ne miser que sur un seul produit, proposé au prix le plus bas, est une vision à court terme. Des études ont montré que les patients finissent perdants en terme de qualité de soin».
Santésuisse ne voit pas les choses de la même manière et demande que le prix des génériques soit, tout comme l’est celui des préparations originales, fixé en comparaison directe avec celui qui est pratiqué à l’étranger. «On ne pourra, dès lors, plus garantir la qualité et la diversité de l’offre», rétorque le patron d’Intergenerika.
Rappelons qu’une faible différence de prix de fabrique ne signifie pas que le consommateur achètera ses médicaments au même prix en Suisse et à l’étranger. Les marges des intermédiaires – grossistes, pharmaciens, médecins et hôpitaux – viennent en effet s’ajouter au prix de fabrique des médicaments. Selon une autre étude de santésuisse datant d’octobre 2013, cette marge est beaucoup plus élevée chez nous que dans le reste de l’Europe. Une modification de la réglementation des marges permettrait d’économiser 57 fr. par année pour chaque assuré, selon le lobby des assureurs maladie.
Vincent Cherpillod